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Le vendredi 14 fĂ©vrier dernier, le jour de la Saint-Valentin, les MSc & MBA d’INSEEC Paris ont dĂ©cidĂ© de mettre en lumière les mĂ©tiers de Forex (trader forex) en Afrique lors de la première confĂ©rence-dĂ©bat de l’annĂ©e organisĂ©e par Ellen Kountz, directrice du PĂ´le Finance. Ce nom de mĂ©tier peut, pour les nĂ©ophytes, sembler bien curieux et opaque. Pourtant, si nous avons voyagĂ© Ă l’Ă©tranger par le passĂ©, nous avons sans aucun doute dĂ©jĂ croisĂ© un trader forex, un professionnel du change de devises. Retour sur cette confĂ©rence-dĂ©bat qui a permis Ă nos deux speakers d’Ă©clairer les participants sur les dessous du change de devises, un marchĂ© fascinant qui brasse près de 5000 milliards de dollars par jour.
Les confĂ©rences-dĂ©bats organisĂ©es par Ellen Kountz sont de vĂ©ritables appels Ă lutter contre les idĂ©es reçues sur les sujets liĂ©s au monde de la finance pour nos Ă©tudiants. Ce sont, pour eux, des occasions de faire preuve d’ouverture d’esprit et de curiositĂ© pour des domaines auxquels ils ne penseraient pas de prime abord vis-Ă -vis de l’orientation qu’ils souhaitent donner Ă leur carrière professionnelle. En leur faisant dĂ©couvrir des mĂ©tiers de niche ou peu mis en avant, nous leur donnons de belles opportunitĂ©s de rĂ©flexion.
Les métiers de Forex dans les Afriques
Pour cette nouvelle Ă©dition, le nom de la confĂ©rence interpelle :« L’avenir des mĂ©tiers de Forex dans les Afriques ». Qu’est-ce que le forex ? Pourquoi dire les Afriques ? Ce nom de confĂ©rence, selon Ellen Kountz, est une façon « d’interpeller les Ă©tudiants, de les plonger dès le dĂ©part dans une ambiance de dĂ©bat et de les challenger sur leurs idĂ©es reçues sur l’Afrique ». Donner une confĂ©rence sur le continent africain est Ă©galement une belle occasion de dĂ©passer l’europĂ©ocentrisme et de rappeler, notamment pour les Ă©tudiants français, que le monde et l’histoire ne se construisent pas qu’autour de l’Europe.
En effet, l’Afrique est souvent associĂ© Ă l’Europe, notamment Ă l’Ă©poque de la France colonialiste. Toutefois, le continent africain ne se rĂ©sume pas qu’uniquement aux pays francophones qui le composent. Bien d’autres pays y sont prĂ©sents (Soudan, Afrique du Sud, etc.) et possèdent des prĂ©occupations qui sont bien diffĂ©rentes que celles des pays de l’Afrique francophone. VoilĂ pourquoi Ellen Kountz prĂ©fère parler des Afriques et non juste de l’Afrique.
Mais les mĂ©tiers de Forex, qu’est-ce que c’est ?
Les métiers de Forex (raccourci de Foreign Exchange Dealer en anglais) sont tout simplement les métiers liés au change de devises. Le forex, ou plus communément appelé le trader forex ou cambiste en français, est un opérateur professionnel spécialiste des opérations de change.
Les deux speakers de cette confĂ©rence-dĂ©bat ont notamment eu l’occasion de revenir sur leurs sujets de prĂ©dilection :
- Ellen Kountz a notamment parlĂ© du mĂ©tier de cambiste (le trader forex), la paritĂ© fixe du Franc CFA (l’Ă©vitement de l’inflation) et a challengĂ© les Ă©tudiants sur la question de l’avenir des nouvelles monnaies africaines (notamment virtuelles).
- Rany Patout, consultante bilingue en management interculturel, spécialisée dans les marchés asiatiques, et professeure au Pôle Finance, a pu éclairer nos étudiants sur la présence de la monnaie chinoise (le yuan) en Afrique à travers les entreprises qui y sont implantées.
Le change de devises, un Ă©cosystème plus complexe qu’il n’y paraĂ®t
197 pays sont reconnus officiellement par l’ONU dans le monde. Pour autant, il existe 167 devises officielles selon le site de Travelex. Avec autant de devises, le change est un marchĂ© en perpĂ©tuel mouvement. Entre le tourisme, les voyages d’affaires et les Ă©changes internationaux, notamment commerciaux, le change de devises est le marchĂ© financier le plus liquide au monde avec plus de 5000 milliards de dollars Ă©changĂ©s par jour !
La liquiditĂ© est la capacitĂ© pour tout actif d’ĂŞtre vendu ou achetĂ© rapidement sans que cette transaction n’ait trop d’impact sur les prix pratiquĂ©s sur son marchĂ©. C’est notamment le cas pour le change de devises qui bĂ©nĂ©ficie d’une liquiditĂ© exceptionnelle dans la conjoncture Ă©conomique actuelle. L’achat simultanĂ© de nombreuses devises de par le monde au quotidien ne fait pas tant bouger les taux de change.
Le change de monnaie ne se rĂ©sume pas qu’uniquement aux bureaux de change dans les villes. Il existe tout un Ă©cosystème et des mĂ©tiers qui s’appuient sur des stratĂ©gies liĂ©es au change de devises. Toute entreprise ayant un volet import/export est touchĂ© par la nĂ©cessitĂ© d’avoir un Desk Cash Management qui doit veiller sur les cours de change qui peuvent avoir un impact très important sur le coĂ»t des matières premières.
Nos deux speakers ont notamment abordĂ© les sujets de la dĂ©cimalisation des prix (la nĂ©cessitĂ© d’augmenter la granularitĂ© quand le marchĂ© des changes est très liquide, soit pour faire simple : cela dĂ©signe les nombreux chiffres reprĂ©sentant les centimes en euros, alors qu’en pratique il ne devrait pas y en avoir plus de deux) et l’arrimage (lorsque les taux de change fixe ne peuvent pas bĂ©nĂ©ficier d’une dĂ©flation favorable Ă l’Ă©conomie).
Et l’Afrique et la monnaie chinoise dans cet Ă©cosystème ?
Le dollar amĂ©ricain pèse pour 87% des changes de devises quotidiens dans le monde, le yuan chinois pour 2,5%. Pour autant, il n’existe aucune monnaie africaine dans le top 10 des devises Ă©changĂ©s dans le monde. Un phĂ©nomène de prime abord curieux, alors que l’Afrique accueille de plus en plus d’entreprises amĂ©ricaines mais aussi chinoises sur son continent. Rany Patout a notamment informĂ© les Ă©tudiants qu’il existait une trentaine d’accords bilatĂ©raux commerciaux entre la Chine et l’Afrique, ce qui concurrence la position de leader de la France sur le continent africain.
Il y a une vĂ©ritable question qui se pose sur l’avenir des monnaies africaines au sein de son propre continent face Ă l’internationalisation des marchĂ©s financiers et le succès du mobile. Les monnaies virtuelles en Afrique, comme le bitcoin, sont lĂ©gion sur le territoire parce qu’elles n’empiètent pas sur les monnaies qui y existent dĂ©jĂ . Cela a par consĂ©quent un impact sur le marchĂ© du change des devises, ce qui explique les monnaies africaines ne sont pas reprĂ©sentĂ©es dans le top 10 des monnaies les plus changĂ©es au monde.
En effet, historiquement, comme a pu l’expliquer Ellen Kountz lors de la confĂ©rence-dĂ©bat, l’Afrique a Ă©voluĂ© très rapidement. LĂ oĂą la France a encore la culture du tĂ©lĂ©phone fixe dans le monde de l’entreprise par exemple, les smartphones sont la norme sur le continent. Il n’y existe que très peu de tĂ©lĂ©phones fixes, ces derniers n’ayant pas eu l’opportunitĂ© de prendre leurs racines et de s’implanter durablement sur le continent, le smartphone y ayant Ă©tĂ© commercialisĂ© en amont. Le dĂ©veloppement du mobile a Ă©tĂ© très rapide et est l’un des atouts majeurs de l’Afrique aujourd’hui. Ce dĂ©veloppement a permis celui de la monĂ©tique et du paiement mobile. Et tout naturellement, le continent fait Ă©merger sur le marchĂ© depuis deux ans, lentement mais sĂ»rement, sa première monnaie virtuelle, l’AFRO. Peut-ĂŞtre l’un des futurs concurrents sĂ©rieux du bitcoin…
L’avenir des confĂ©rences-dĂ©bats : vers des thèmes plus pointus mais pourtant fondamentalement transversaux
Nous sommes très heureux de pouvoir proposer Ă nos Ă©tudiants du PĂ´le Finance des MSc & MBA d’INSEEC Paris des confĂ©rences-dĂ©bats aussi ambitieuses sur des thèmes très spĂ©cifiques, peu connus du grand public, mais pourtant fascinants. Le cycle de confĂ©rences INSEEC Mindset, concernant l’ensemble de nos Ă©tudiants de nos 8 pĂ´les d’expertise, rĂ©pond Ă©galement Ă la mĂŞme dynamique mais avec pour objectif de proposer des thĂ©matiques davantage transversales, au cĹ“ur des dĂ©bats publics.
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